Le marin et la mer
le Marin et la Mer
Il voit planer des goélands
par la lucarne de la mer
son oeil rivé au bouillon blanc
et les deux pieds soudés à terre
tous ses copains se sont enfouis
au fond des lames d'océan
dans sa mémoire engloutie
se cicatrisent tous les vents
esseulé au flanc du granit
dans un cabanon d'écume
le grain fouette sa mer bénite
au son des sirènes de brume
ô toi marin pendu
au jusant qui refoule
l'âme des corps perdus
dans un soupir de houle
il erre sur le quai sableux
saluer ses amis mareyeurs
qui tiennent secret dans leurs yeux
tant de récits et de rancoeurs
le lourd silence de la mer
et ses images de légende
se noient dans un flot de prières
sur une stèle dans la lande
ô songes du marin
quand la marée se lave
de ses pêchers salins
au bateau qu'il entrave
tes yeux larmoient marin de peine
ta solitude près du phare
sous le faisceau de la lanterne
s'éparpille dans le brouillard
le corset de la mer dégrafe son corsage
et cogne à tout rompre la force du laitage
jackou
Le marin et la mer